Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie

Témoignage

« Après avoir effectué plusieurs années de navigation, on peut accéder au métier de pilote. On a alors entre 30 et 35 ans et il est bon de se trouver un port d’attache pour y ancrer son foyer sans pour autant quitter la mer et les navires. La métropole, les DOM et les TOM comptent 335 pilotes… une goutte d’eau dans un océan ! (...) Il faut avoir une forte motivation pour en préparer le concours. Mais quel bonheur d’être pilote ! Chaque jour est différent, chaque manœuvre est une première : (...) le vent, les courants, le chargement, le commandant, le chef mécanicien ou bien tout simplement l’équipage sont autant de paramètres qui diffèrent. Il s’agit d’un métier où l’on agit en temps réel, où l’on est constamment dans le présent, où sa propre action implique une réaction immédiate du navire avec son lot de satisfactions, de montées d’adrénaline ou de désillusions. Tabarly avait coutume de dire « dans bien des professions, on peut faire illusion et bluffer en toute impunité. En bateau, on sait ou on ne sait pas » ! Aujourd’hui sur les passerelles des plus grand navires fréquentant nos port je mesure la justesse de ces propos, le bien fondé de notre formation intimement liée à la pratique et à l’expérience. Réagir positivement aux imprévus, quelle qu'en soit la nature, fait partie du sens marin que doit nécessairement posséder le pilote. A ce côté technique du métier vient se mêler une composante humaine : établir une relation de confiance en quelques minutes avec un capitaine venu d’un autre pays et d’une autre culture. Quelque soit l’heure du jour ou de la nuit, il y a un pilote qui veille, qui admire le crépuscule, voit le soleil se lever, sent le vent lui transpercer les os ou le soleil lui brûler la peau. Quel autre métier conjugue ainsi, à tout moment de la journée, technicité, rapidité d’exécution et relation humaine ? Si la vie me donne un fils, je lui dirais : soit pilote !!! ».