Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie

Seul « maître à bord après Dieu », le capitaine (ou commandant) est le chef de l'expédition maritime. Au plus haut de la hiérarchie des officiers, il a sous ses ordres un équipage dont l'importance varie selon la taille du navire et le type d'activité.

La taille des navires qu'un capitaine peut commander augmente avec son niveau de qualification au fur et à mesure des formations suivies et des navigations accomplies.

Par ailleurs il est le représentant de la compagnie à bord et le mandataire de son armateur à l'étranger.

Voir le témoignage de Jacques Brichet : commandant


Aller au bout de ses rêves ...

« Si c'était à refaire, je le recommencerais. J'ai entamé ma carrière parce que j'habite un beau pays où il y a beaucoup de monde qui navigue et où c'est un métier comme un autre. C'est un métier qui demande de l'indépendance. Mais il offre l'originalité, l'absence de routine contrairement à ce qui se passe souvent à terre, la variété, le dépaysement, même s'il peut demander une certaine abnégation quand on est plus jeune car il y a peu de temps aux escales, mais on a par ailleurs la confiance qui nous est accordée. Moi je prends ça pour de la liberté. Il y a à bord une solidarité qui n'existe pas à terre, entre des équipages même de nationalités différentes ; l'équipage forme un tout humain où les plus forts et les plus compétents entraînent les plus faibles pour respecter les impératifs du navire. Il se forme une communauté naturelle où les différences sont émoussées. Le mauvais temps, l'avarie, ça fait partie de la vie, de l'apprentissage. En ce qui me concerne, naviguer pour moi c'était, un jour ou l'autre, être commandant. Il faut faire à sa tête, quand on a des choix à faire, il ne faut pas hésiter, il faut foncer ».

Hervé, commandant

Activités

Assisté par le second capitaine et le chef mécanicien, le capitaine exerce son autorité sur toutes les activités du bord.

De un à deux hommes sur les vedettes à passagers, une vingtaine de marins en moyenne sur les navires de transport de fret, jusqu'à plusieurs centaines sur les navires à passagers, l'équipage placé sous ses ordres est réparti entre le service du pont (navigation et conduite du navire) et le service de la machine (moteurs, appareils, équipements, pompes, etc.). Sur les navires à passagers, un service dit "général" assure en outre les tâches d'accueil, de restauration et d'hôtellerie.

Le capitaine assure directement un grand nombre de tâches :

la conduite du navire (service du pont) :

  • les manoeuvres : l’appareillage (départ du navire), et l’accostage (arrivée du navire), sont toujours effectués par le commandant, assisté par un pilote qui connaît parfaitement le port et ses abords ;
  • la navigation, qui consiste notamment à choisir le meilleur itinéraire avec son « état-major » en fonction de la destination, de la météo, des horaires, etc. et à adapter la vitesse et le cap du navire en fonction des circonstances rencontrées en route ;

la supervision du service de la machine :

le chef mécanicien, qui est le responsable direct du bon fonctionnement de toutes les machines, appareils et équipements du bord, est placé sous l'autorité du commandant et ne rend compte qu'à lui.

la gestion de la sécurité et de la sûreté :

le commandant est responsable de la sécurité des personnes et des biens, il est également chargé de la prévention et de la lutte contre les agressions extérieures (piratage, terrorisme) ;

l'exploitation commerciale du navire :

il a l'entière responsabilité des passagers et des marchandises transportés.

Pendant les trajets, le capitaine est le plus souvent « hors quart » afin de pouvoir se rendre disponible à tout moment. Pendant les escales, il délègue à ses officiers la surveillance du chargement et du déchargement de la marchandise, les approvisionnements du navire, la gestion des passagers, etc.. Il se charge des formalités administratives et commerciales tout en restant informé de tout ce qui se passe à bord.

Le métier de capitaine s'exerce sur tous les types de navires de marine marchande :

  • au transport de marchandises (pétrole, gaz, produits chimiques, conteneurs, céréales, charbon, minerais, véhicules, etc.) ;
  • au transport de passagers (car-ferries, croisières, cargos mixtes, navires à grande vitesse, micro-cabotage, vedettes à passagers) ;
  • aux activités maritimes spécialisées (recherche océanographique ou sismique, prospection ou exploitation off-shore, pose de câbles sous-marins, extraction de matériaux marins, etc.) ;
  • aux activités portuaires (pilotage, dragage, remorquage, etc.).

Qualités requises

Dans un environnement naturel incertain et en situation de complète autonomie, le capitaine doit savoir diriger l'équipage, gérer les crises, prendre des décisions rapidement et déléguer ses responsabilités.

Quelles que soient la taille et la puissance du navire, il doit ainsi à la fois :

  • être un expert en navigation,
  • savoir commander,
  • bien connaître son navire,
  • maîtriser l'informatique et l’électronique du bord,
  • connaître le droit maritime,
  • être un bon gestionnaire.

Il doit donc posséder des qualités techniques et humaines, une solide expérience de la mer et du commandement, ainsi que des compétences de chef d'entreprise. Ces qualités s'obtiennent avec l'expérience.

Suivre la filière de formation polyvalente (pont et machine) est un atout pour arriver au niveau qui permet de commander les plus grands navires (capitaine de 1ère classe ou capitaine illimité).


Salaires et conditions de travail

Selon le type de navigation, la taille du navire et l'expérience professionnelle, les salaires de commandant s’établissent en moyenne entre 4 500 € à 7 000 € brut/mois. Ils peuvent également varier d'un employeur à l'autre selon la politique de recrutement de l'entreprise.

Quels que soient la taille du navire et le secteur d'activité, le milieu sans cesse en mouvement rend le travail physiquement exigeant.

Les conditions de vie et de travail dépendent de plusieurs facteurs :

  • les zones de navigation : des côtes les plus fréquentées aux grandes étendues océaniques, chaque zone possède ses caractéristiques climatiques avec ses risques liés à la météo, au trafic, aux courants, aux fonds marins, à l'éloignement ou à la proximité des côtes ;
  • les caractéristiques du navire (taille, puissance, équipements, ancienneté, etc.) ;
  • le type de transport, qui conduit à une spécialisation des navires et de leurs modes d'exploitation : pétroliers, chimiquiers, gaziers, vraquiers, porte-conteneurs, car-ferries, navires de croisière, etc. ;
  • la durée et la fréquence des traversées : selon le genre de navigation, la durée d'absence varie de la journée (navigation de courte distance) à plusieurs mois (navigation au long cours) en passant par quelques journées (sur les car-ferries) ou quelques semaines (au cabotage) ;
  • l'alternance navigation/congés : elle est en moyenne de 50/50 ; ainsi, au long cours, pour un mois de navigation, les officiers disposent de 25 jours de repos à terre ; sur les courtes distances, cela se traduit par un rythme de 7 j à terre pour 7 j en mer, voire de 3 j / 3j.

Formations et carrières

La taille des navires commandés, définie par la jauge exprimée en unité de mesure internationale standard, dépend du brevet de capitaine détenu.

Il existe ainsi quatre brevets correspondant chacun à une taille maximale du navire :

  • le brevet de capitaine 200 permet de commander les navires de jauge inférieure à 200 ;
  • le brevet de capitaine 500 permet de commander les navires de jauge inférieure à 500 ;
  • le brevet de capitaine 3000 permet de commander les navires de jauge inférieure à 3000 ;
  • le brevet de capitaine (dit "illimité") permet de commander les navires de jauge supérieure à 3000, c'est-à-dire sans limite de taille.

Tous ces brevets sont accessibles au terme d'un temps de navigation effectué à l'issue de la formation correspondante.

Ces formations sont accessibles suivant plusieurs voies :

  • par la filière professionnelle pont en formation continue ;
  • par la formation initiale maritime (BEPM de marin du commerce, bac pro Conduite et gestion des entreprises maritimes) prolongée ensuite par la filière professionnelle ;
  • par la formation d'officier chef de quart passerelle (OCQP) auquel on accède sur concours après le baccalauréat et qui permet d'accéder ensuite à la formation de capitaine ;
  • par la formation polyvalente d'officier de 1ère classe de la marine marchande, à laquelle on accède après le baccalauréat par un concours de niveau bac scientifique.

Certaines conditions, comme l'âge, le niveau d'études et l'aptitude physique, sont obligatoires pour accéder aux formations de marin.

Les mêmes formations permettent de naviguer sur des grands yachts de plaisance professionnelle ou de créer sa propre entreprise de transport de passagers (vedettes à passagers, « charters », tourisme littoral, etc.).

Au terme d'une carrière de capitaine, le reclassement à terre est facilité par les compétences acquises dans les domaines maritimes et techniques, ainsi que dans l'exercice des responsabilités et le management des hommes. L'expérience des anciens officiers navigants est en effet très appréciée dans de nombreux secteurs d'activités :

  • services techniques ou commerciaux des compagnies de navigation ;
  • activités para-maritimes ;
  • nombreux secteurs de l’industrie et du commerce (expertise maritime…) ;
  • enseignement professionnel maritime ;
  • administration des Affaires maritimes.

En savoir plus sur :
les formations marine marchande de niveau collège, bac ou autres
la formation d'O1MM (officier de 1ère classe de la marine marchande)
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